|  | |  Les Promenades et le Champ de Foire |
| - 1900 : Tous les lundis, le marché aux veaux est ouvert sur le grand champ de foire et, deux fois par semaine, se tient aux Halles un marché aux graines, aux denrées et aux céréales. La cloche règle les ventes comme à la manoeuvre... Beaucoup ont dételé à "Bel Air" tandis que les chevaux pâturent dans les prés du "Cerf" ou du "Laboureur". Il faudra sept à huit minutes par le train pour rentrer à Pommerieux.
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| - 1903 : Le dernier train de voyageurs passe vers 10 heures du soir pendant les Courses. Et encore, c'est bien trop tôt pour les traînards...
|  La Gare |
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| - 1904 : A la demande d'un grand nombre de négociants et avec l'appui de la Chambre de Commerce, le téléphone vient d'arriver à Craon. Cela n'empêchera pas le cheval de M. Lerouge de boire sa bolée de cidre à l'hôtel de la Gare, quand il va chercher sa cargaison de charbon !
Les porteurs de corps réclament un salaire pour porter les indigents, menaçant de faire grève. "Toute peine mérite salaire..." La ville se voit obligée de surélever le mur de l'Ecole des filles, rue des Douves, pour empêcher les gens du quartier de jeter des pierres ou des débris.
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| - 1906 : Le dimanche est le meilleur jour de vente pour les coiffeurs, les pharmaciens, les négociants en tout genre. Même la poste et le télégraphe sont ouverts, matin et soir jusqu'à 9 heures. La Caisse d'Epargne depuis 1874 à la Mairie, même chose, mais par quinzaine. Les commerces se réservent cependant le congé du mardi par autorisation préfectorale.
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| - 1907 : On parle de créer un impôt sur le revenu. Cette réforme fiscale va modifier l'organisation générale des financements sociaux et la vie politique locale dans lesquelles les propriétaires terriens jouaient un rôle d'assistance primordial depuis plus d'un siècle. Cette remise en cause amorce une modernisation de l'Etat mais menace leur indépendance. Cela fait du bruit.
La lutte contre l'alcoolisme est engagée. Il faudra désormais plus de 100 mètres entre les cafés d'une part, et les églises, les écoles, les cimetières et les hopitaux d'autre part.
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| - 1910 : Enfin une boîte aux lettres au haut des Halles !
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|  Rue des Halles |
| - 1911 : La vitesse automobile est désormais limitée à 30km à l'heure dans l'intérieur de la ville. Par respect des mécaniques car les rues sont pavées et les bandages n'y résistent pas... La vitesse en ville est toujours la même en 2000, par respect des piétons qui n'y résisteraient pas non plus...
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| - 1912 : L'Etat sonde les communes de moins de 20 000 habitants sur l'opportunité d'indemniser les élus afin de permettre aux moins fortunés, mais intelligents et dévoués, d'accéder aux fonctions électives. Craon ne se sent pas concerné.
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| - 1913 : Les premiers isoloirs permettent le secret des urnes. Les premières courses automobiles organisées par l'Automobile Club de l'Ouest doivent passer à Craon.
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| - 1919 : La charrette de l'éboueur passe en ville. On entend sa clochette !
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| - 1921 : Fini les porteurs. Désormais, il y aura un corbillard à chevaux avec camail et caparaçon assortis au char.
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| - 1922 : La rue Neuve est tout en émoi. Les femmes se coupent les cheveux maintenant et Melle Dubois-Rivers, la fille de l'épicerie du Grand Saint-Pierre vient de succomber à la nouvelle mode ! A Paris c'est déjà chose faite depuis plusieurs années d'autant que le romancier Victor Marguerite a largement contribué par ses romans féministes à libérer les cheveux de leurs chignons, de leurs "chichis", de ces encombrants chapeaux dont on avait lieu de se plaindre en 1912 lors des représentations théâtrales des "Patros". La presse ne ménageait d'ailleurs pas ses recommandations : "Mesdames et Mesdemoiselles, veuillez apporter vos chapeaux les plus étroits et les moins élevés ou les laisser au vestiaire". Pensez à ceux qui sont derrière !
|  Photo prise en 1928 (coll. Prevosto) |
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|  "Bel Air" vers 1958 (coll. Prevosto) |
| - 1924 : Un distributeur à essence vient de s'installer à Bel Air chez Battier, tout près du serrurier Blossier qui était déjà dépositaire de "Stelline" en 1900 comme le signale le guide Michelin. Avec "l'Automobiline et la Motonaphta" c'est la marque d'essence la plus répandue dont on peut s'approvisionner aussi à l'épicerie Bellanger au faubourg. "Bibendum" est en train de révolutionner les transports. Craon compte déjà quelques beaux véhicules. Chez la Marquise mais aussi le Dr Morillon, le minotier Denis du Verger, et Albert Ganne qui les aime autant que les chevaux .
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 | - 1925 : Le 22 décembre, à quelques jours de Noël, un ouragan vient d'abattre le clocher de l'église Saint Clément. Il a traversé la voûte du bas-côté en broyant tout le mobilier culturel. Les maisons voisines qui l'ont vu tomber dans l'effroi, ont beaucoup souffert. Les habitants du centre ville se sont réveillés incrédules, cherchant dans le ciel le repère familier. Sur la place ravagée, la foule se presse comme pour "l'assemblée" : c'est la consternation devant l'ampleur des dégâts. Où trouver les finances pour rendre son sanctuaire à ce quartier populeux ?
En février 1928, la reconstruction est devenue possible grâce à la contribution du curé de la paroisse qui accepte d'en payer la moitié, à celle de la commune et un prêt de la famille de Bodard.
Début juin, la charpente du nouveau clocher, visible de loin, est bien avancée. Hélas, le 13, le vent s'acharne comme par plaisir sur l'édifice qui cette fois se plante au beau milieu de la chaussée, épargnant la nef et les alentours. On ne compte heureusement aucune victime.
Si Saint Clément doit se résigner à la disparition définitive de son clocher, se souvient-on alors que le clocher de l'église primitive démoli en 1797, était une construction séparée donc plus basse, peut-être moins sensible à la violence des vents.
|  Eglise Saint Clément |
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| | - 1929 : Une liaison Craon-Angers par le car, part tous les samedis de l'Ancre d'Or. Il faut s'inscrire le jeudi soir, s'il n'y a pas 20 voyageurs au départ le service sera supprimé !
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| - 1931 : La bascule déménage au grand champ de foire. A la démolition, on vient de retrouver sur le petit champ de foire les fondations d'une des tours de l'ancienne porte de ville.
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| - 1932 : On ne parle pas encore de la "chaussée aux moines". Non. Mais une sorte de laitage légèrement acidulé vient de faire son apparition, en face de la "Boule d'Or", chez la mère Benâtre qui tient un des dépôts de lait de ferme de la ville. C'est une idée des frères Gouabau de la "Touche", Ils font venir des ferments bulgares, s'il vous plaît, et l'épicière, avec leur lait, fabrique les premiers yaourts qu'on ait jamais vus à Craon. Allez-y, vous les trouverez en petits pots de faïence, bien couverts de cellophane. Les épiciers de la ville sont inquiets de cette nouvelle concurrence.
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| - 1937 : On vient de procéder aux premiers essais d'une sirène d'alerte sur la Mairie. On entendait mieux les cloches...
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| - 1938 : Les ferblantiers vont poser des boîtes sur les pompes à bras des Pompiers pour les protéger du gel et sur les pompes publiques rue Saint-Pierrre, rue de la Fontaine et place Saint-Clément, rue du Faubourg, au carrefour des Forges, à la Mairie et aux Promenades.
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|  Le Sénateur Le Pelletier devant le Monument aux Morts |
| - 1939 : La moitié Nord de la rue Lecomte prend le nom du Sénateur Le Pelletier qui vient de mourir. C'est lui qui a lancé les études préliminaires à l'installation du Service d'Eau.
Depuis octobre, l'éclairage public est réduit dès le crépuscule jusqu'à 8 heures le lendemain et les lampes ont été peintes en bleu. On est en pleine défense passive. La moindre négligence privée dans le camouflage des lumières est passible d'une amende de cinquante francs.
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| - 1940 : La Poste est assaillie de télégrammes car la ville est envahie de réfugiés et de soldats du 149ème R.I. Le porteur est débordé !
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| - 1942 : 24 élèves du catéchisme sont réunis un dimanche à Saint-Clément. Deux filles qui se trouvaient là par hasard et un des deux Allemands de faction sur le clocher, ont posé sur les marches. Claude Simonet, l'actuel Président de la Fédération Française de football, est encore en culottes courtes.
Les cars Drouin participent à la construction de l'abri des voyageurs. Des tickets de rationnement et des cartes d'alimentation ont disparu à la mairie. Le Sous-Préfet, en gestionnaire soupçonneux, a émis des réserves. Le Conseil municipal s'apprête à démissionner.
|  En 1942 sur les marches de Saint-Clément (coll.Blu) |
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| - 1944 : En 200 journées de travail, on a creusé partout des tranchées : à l'église et aux ponts, au Mûrier et place de la Mairie, route de Châtelais et route de Niafles, rue des Vaux et à l'école Grande Rue, au Pré de la Liberté et au faubourg et sur les promenades.
Les Alliés approchent.
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|  La BNCI rue Lecomte (coll. Guyon) |
| - 1945 : Les billets bleus émis pendant l'occupation doivent être retirés de la circulation. La population inquiète dispose de deux semaines pour cette opération d'envergure nationale. Petites et grosses coupures arrivent, parfois 3 heures avant l'ouverture de la B.N.C.I. rue Lecomte, pour profiter de l'anonymat, qui dans des paniers, qui dans son corset ou même dans des lessiveuses, pour donner le change. Deux volontaires, l'épicier de la rue de Bethléem et le "capitaine" des pompiers armés par la gendarmerie montent la garde. Bien des "planques" ne réapparaîtront que lors de décès, mais dix ans après, la Banque de France, bonne fille, acceptait encore de les encaisser.
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| - 1946 : On n'avait jamais vu ça sur la place du Mûrier ! En cette fin d'année, un feu de joie s'est embrasé dans l'allégresse générale. Il y a de quoi ! On vient de jeter tous les tickets de rationnement. Depuis le mois de mars les attributions de farine aux communes ayant été supprimées, les boulangeries sont fermées trois jours par semaine : les mercredi, samedi et dimanche sous l'autorité du garde champêtre et l'on a peur de manquer de pain. Quant à la viande de boucherie, interdiction avait été donnée aux restaurants d'en servir pendant la guerre. Ne parlons pas des Courses, du Comice ou de la Société de musique, toutes en sommeil. Chacun espère la fin des six longues années de privations en tout genre.
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 | - 1952 : La Commune compte six employés à plein temps : deux cantonniers, un secrétaire et son commis, un garde champêtre, logé, plus trois employés à temps partiel : le concierge du cimetière logé, la femme de service de la maternelle et le préposé à la bascule. En 1946, il y avait en plus deux préposés au ravitaillement. Quant aux Associations, on en compte déjà quinze : cinq sportives, trois à vocation sociale, le Comité des Fêtes de Saint-Clément, le Comice, les Pompiers, deux pour la musique et deux pour la pêche. Craon n'est déjà plus une bourgade, comme on le lisait dans la "Gazette" de 1912.
Aujourd'hui, on peut multiplier par dix cette belle organisation ! Le concierge du cimetière et le préposé à la bascule en moins, les cantonniers ayant été remplacés par des fontainiers et le Service de l'Equipement.
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| - 1954 : Les premières corbeilles à papier sont posées dans les rues.
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| - 1958 : M. Pouriatz, garde champêtre vient de prendre sa retraite. Les Craonnais connaissaient bien sa clochette avec laquelle il avisait la population des Arrêtés. C'est qu'il ne savait pas jouer du tambour. Tout le monde n'est pas musicien ! Mais sachez aussi que les troupes d'occupation en avaient interdit l'usage, jugé trop militaire...
|  L'ancienne mairie (coll. Bottier) |
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| | - 1965 : Le 21 mai, le Général de Gaulle est de passage à Craon, le temps d'un bref discours. Oui le héros du 18 juin, le Chef de l'Etat en personne... Pour la Ville, quel événement !
Mais depuis 1961 et 1962, la peur des attentats est devenue une obsession. Autant dire que les Services de Sécurité sont sur les dents. La D.D.E. a tondu toutes les bermes sur le passage du cortège présidentiel, le Général les a trouvées "bien vertes"... Les "Promenades" qui sont maintenant noires de monde - les écoles du canton ont envoyé près de 1 500 élèves en délégation - ont été passées "au peigne fin". Le Général est encadré de ses "gorilles".
La Ville respire quand, en dépit de l'honneur qu'elle vient de recevoir, le cortège des 60 voitures présidentielles prend la route de Laval, via Cossé où le Général sera le premier à signer le Livre d'or du Musée Tatin. Au chef-lieu l'attendent un lit sur mesure... et une manifestation paysanne.
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 | - 1974 : Le Syndicat d'Initiative vient de proposer la mise en valeur du Pré de la Liberté : aménagement d'un jardin public, aire de pêche, intégration du lavoir et nouvel accès pédestre depuis la place Saint-Nicolas. Un concours a été lancé et c'est le projet de François Houtin, paysagiste et peintre de renommée européenne, qui a été retenu.
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| - 1977 : "Les municipalités anglaise d'Okehampton et française de Craon ont compris l'intérêt des contacts et des échanges entre Européens et se sont engagées dans un jumelage en signant une charte. Depuis lors, les relations avec nos amis se sont multipliées et ont grandi à l'image de l'arbre planté à cette occasion au jardin de la piscine".
(Anne Rébillard, Présidente)
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| | - 1997 : le 10 mai, le jumelage entre Craon et la ville allemande de Buchenberg est né.
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